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[Interview] Grand Cru Paris – Label House avec style

Avant leur prochaine soirée au Batofar le 3 Janvier 2017, nous sommes allés à la rencontre de Grand Cru Paris – un concept 100% français qui commence à faire ses marques dans la nuit parisienne.

 

Bonsoir à tous les deux, alors tout d’abord qu’est-ce que Grand Cru Paris ?

Clément :

Alors Grand Cru Paris c’est un projet qui mélange une marque de vêtements, un label de musique et par la logique des choses, des organisations d’events.

  

Ce projet a commencé quand et pourquoi ?

Clément :

Au début quand j’ai commencé Grand Cru Paris, c’était plutôt pour rigoler. J’avais, et on a toujours, un compte Youtube mais je ne le prenais pas trop au sérieux.

Ensuite, j’ai commencé une école et j’ai rencontré Benoit. On s’est retrouvé dans la même association et on avait cette même fascination pour la musique. Je lui ai alors expliqué que j’avais commencé un truc/un concept – Grand Cru. Ça lui a plu et on s’est mis à deux sur le projet.

Le fait d’être deux sur le projet a tout de suite donné un aspect plus « pro » à l’idée de Grand Cru Paris. C’est pour cela qu’on a alors lancé, au mois de janvier 2016, la page Soundcloud, sur laquelle on uploade des mixes tous les mois : « Month Mix »

Mais le réel « commencement » de Grand Cru Paris, on peut plus le dater au mois de mars.

 

Pourquoi ce décalage entre votre rencontre et le « lancement officiel » de Grand Cru Paris ?

Benoit :

On avait encore à éclaircir où on voulait aller avec le concept. On poursuivait les mixes sur Soundcloud mais toujours en réfléchissant à ce que serait la prochaine étape. Je pense que le réel tournant a été quand Clément m’a parlé de l’idée de faire une marque de vêtement Grand Cru Paris. Je n’étais pas contre mais je ne voyais pas trop comment le mettre en place. Niveau musique j’étais à fond, mais pour l’aider sur les fringues…

 

Clément :

En fait ma mère est couturière donc j’ai toujours eu un certain intérêt pour les vêtements. Mais ce n’est que depuis le début de l’année (2016) que je me suis vraiment passionné pour la mode masculine. J’ai pitché cette idée à Ben qui m’a dit « pourquoi pas », et c’est alors que je me suis mis au travail.

 

Benoit :

En l’espace d’un mois il est revenu vers moi et il m’a dit « c’est bon, la collection est prête ».

Quand j’ai entendu ça j’étais tellement surpris et content de sa rapidité à mettre le truc en place, qu’à ce moment-là on s’est dit : c’est officiel – on a du contenu, on a un concept, c’est parti.

 

Donc maintenant vous vous répartissez chacun les rôles ?

Clément :

Non non bien sûr que non. On travaille en constante collaboration. Pour les mixes par exemple, on fait la sélection ensemble. Mais, si je suis occupé sur les vêtements ou l’organisation d’un event, je fais 100% confiance à Ben pour faire le mix. Comme en live où on essaye toujours de mixer ensemble.

 

D’ailleurs, pourquoi ce nom : Grand Cru Paris ?

Clément :

C’est une longue histoire ! Mais pour faire court, ça a commencé avec un de nos amis avec qui je passais beaucoup de temps à écouter de la musique. À force d’en écouter, on finit par en préférer certains à d’autres, et à filtrer les meilleurs. Donc quand on entendait une chanson qu’on adorait, on l’appelait un Grand Cru. Il y avait un peu l’idée de partage, comme lorsque l’on invite un ami chez soi et que l’on veut lui servir un bon vin, nous on faisait pareil entre nous en se servant des bonnes tracks. Et comme le vin c’est très français, et qu’à Paris il n’y a pas de Grand Cru, je suis parti sur « Grand Cru Paris ».

 

De plus en plus de collectifs commencent à se former – notamment en France – les percevez-vous comme des concurrents ? Quelle relation avez-vous avec eux ?

Benoit :

Non ce n’est pas de la concurrence au contraire. On a tous la même démarche et la même envie de vouloir partager des bons sons. Ce sont plutôt des amis potentiels. Tout ce que l’on souhaite c’est de s’entourer de personnes qui ont les mêmes délires et la même passion que nous. Ensuite chaque collectif se différencie par un style particulier. Nous on a la particularité d’offrir des vêtements aussi. L’alliance musique et fringues est essentiel pour nous et elle se retrouve lors de chacun de nos events.

 

Clément :

C’est un peu notre premier « filtre » si on doit parler d’une différence Grand Cru Paris par rapport aux autres collectifs. Ça nous permet d’avoir un concept un peu décalé. L’idée étant d’offrir une sélection musicale, une identité musicale, et ajouter à cela une empreinte vestimentaire qui s’inspire de marques qui recherche une certaine qualité à l’image de Kitsuné, Veja, ou Bleu de Paname.

 

Vous êtes combien dans le projet Grand Cru Paris ?

Clément :

Actuellement on est 8. La plupart d’entre eux viennent de notre école, on les a rencontrés sur place justement. Ce sont des amis avant tout. On a simplement répliqué ma rencontre avec Ben un peu. Nous avions un groupe d’amis, certains d’entre eux avaient les mêmes objectifs que nous, et peu à peu un groupe Grand Cru Paris s’est formé.

Ça passe d’abord par l’affect que nous avons pour une personne. On lui propose alors s’il serait intéressé. Donc maintenant on est 8, et on a chacun un rôle plus ou moins précis. On préfère ne pas se figer niveau position et toujours agir en groupe, brainstormer. On peut toujours avoir une bonne idée même si ce n’est pas notre secteur de « spécialisation ». Ça aide d’avoir un avis extérieur.

 

Grand Cru Paris @ FENÖMEN X GCP event (17/09/2016)

 

Quel est votre style de musique ?

Benoit :

Notre identité Grand Cru est plus axée vers la House, le Lounge, et le Chill. On cherche toujours à délivrer des exclusivités ou des chansons inconnues du grand public. Quelle que soit la saison, l’année, c’est la sensation que nous procure la track qui nous importe le plus.

 

Clément :

Oui l’essentiel est de maintenir une identité de digger de qualité à travers nos mixes.

 

Justement, en parlant de vos mixes, vous choisissez de mettre les noms de morceaux en-dessous de vos mixes (alors que d’autres artistes ne le font pas), pourquoi ce choix ?

Clément :

C’est un peu notre façon de remercier les artistes pour leurs morceaux. C’est en quelque sorte une dédicace. En plus, faut pas croire mais on ne trouve pas nos morceaux en deux secondes ! C’est tout un travail ! Alors mettre les titres permet à ceux qui sont comme nous de moins galérer pour les trouver (rires).

 

Et vis-à-vis des guests mixes, quel est le brief que vous leur donnez ?

Clément :

Carte blanche tout simplement. Si on fait appel à ces artistes c’est parce que l’on connaît leur univers musical, et que l’on sait que leur univers, même s’il est différent de celui de GCP, il reste un sur la philosophie de la qualité et de la recherche. Pour donner un exemple, Rosace a apporté une touche plus minimale de la house lors de son guest mix.

 

Y-a-t-il une différence entre vos sets et ce que vous écoutez chez vous ?

Benoit :

À la maison, personnellement, la sélection est plus large que Grand Cru. J’écoute tout, dont la musique style Grand Cru. Ce qu’il faut comprendre c’est que le style Grand Cru est une partie intégrante des genres musicaux mais pas tous les genres sont dans le style Grand Cru. Si ça fait sens (rires)

 

Vos artistes de référence ? Qui vous inspirent ?

Clément :

Oulala la question est rude ! Bon je vais essayer d’y répondre… Si je me trompe tu me corriges Ben (rires) !

Il y a Detroit Swindles, ce sont des artistes de Heist Recordings. La musique de D.KO records, aussi, ils sont 5, 6 DJs parisiens. En fait on résonne plus en « crew », des univers qui nous inspirent et à partir desquels on essaye de créer le nôtre. De toute façon tout artiste existe grace à une multitude de personnes qui travaillent avec lui – ses amis, son DA, son manager… On a aussi un faible pour l’ami Kaytranada qui n’est pas vraiment du style de GCP mais qui nous régale à chaque fois.

 

Quel morceau est dans tous vos sets/toutes vos playlists?

Benoit :

Cajùn, de Hotel Particulier – et ne me dis pas le contraire Clem tu la joues dans tous tes sets (rires)

 

Vous produisez ?

Clément :

Un peu de mon coté, mais on n’est pas des artistes à proprement parler. On préfère être vu comme des promoteurs de bonnes musiques. On est plus dans l’optique d’être des agents/managers, d’accompagner des jeunes artistes qu’on adore pour leur donner de la visibilité et les aider à percer dans ce qu’ils aiment.

 

Qu’est-ce qu’un bon artiste pour vous ?

 Benoit :

Quelqu’un qui a des bases de musicien, et qui sait jouer d’un instrument – de préférence qui sait toucher à tout. C’est aussi quelqu’un qui ne se ferme aucune porte. Par exemple, au lieu de se refermer dans un genre, il s’inspire de tout en prenant ce qu’il aime pour en faire quelque chose de mieux.

 

Votre rêve serait de jouer avant quel artiste, et après quel artiste ?

Clément :

(rires) Encore une question impossible ! Bon tout d’abord on met Grand Cru Warm Up, toujours ! Je vais donner ma top line-up puis Ben donnera la sienne parce que je pense qu’on va différer sur ce point (rires)

  • Junktion
  • Motor City Drum Ensemble
  • Ptaki

Benoit :

  • Motor City Drum Ensemble – C’est l’objectif de ma vie ! Si j’arrive à mixer à ses côtés c’est bon je peux prendre ma retraite ! (rires)
  • Earl Jeffer
  • Kaytranada – Je ne me marierai pas tant que je n’aurais pas eu assez d’argent pour l’avoir à mon mariage et mixer avec lui ! (rires)

 

L3D2LM, Duma, & Cédé de Grand Cru Paris @ Indie Seine (8/7/2016)

 

Vous avez déjà joué au Nübà, à Marseille, à La Dame de Canton… quelles sont vos prochaines dates ?

Clément :

Là on se prépare pour le prochain : le Batofar (le 3 janvier), puis on enchaine avec L’I.Boat à Bordeaux (11 janvier), et un deuxième Batofar le 23 Février, à coté de ça on est en train de travailler sur un projet pour le label qui nous prend pas mal de temps, du coup les prochaines dates seront en fonction de l’avancement de ce projet !

 

Un très grand merci à Grand Cru Paris de nous avoir accordé cette interview; quant à vous lecteurs et lectrices, prenez note de leurs prochaines dates!

Participez à leur prochain événement au Batofar – 3 janvier 2017 :

https://www.facebook.com/events/1711524345829644/

 

Suivez Grand Cru Paris :

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[Événement] INDIE SEINE 3 – Concert inédit avec N-A-I-V-E-S, No Mountains, Youngerson et plus..

Le suspense aura bien duré. Très, très longtemps. Pourtant l’été 2016 a bien fini par arriver et la pluie et la grisaille ont laissé leur place au soleil pour le plus grand bonheur des amateurs de foot et touristes divers. Derrière le retour d’une météo estivale, l’Euro 2016, les terrasses, festivals et autres festivités plus ou moins habituelles d’un été à Paris, un événement hors du commun se prépare en coulisse dans notre belle capitale…

INDIE SEINE revient!

Indie Seine, pour ceux qui l’ignorent, c’est un concert organisé par Les Trois Doigts de la Main pour vous permettre à vous, amis lecteurs, et à tous ceux qui le souhaitent, de venir découvrir des artistes indépendants en chair et en os, et pas seulement en pixels et en mp3 sur notre site internet (ce qui est déjà pas mal quand même!). C’est déjà la troisième fois que nous vous proposons ce concept et cette fois-ci, on a vraiment cherché à frapper fort avec une programmation inédite. Le vendredi 8 juillet, à bord de la jolie péniche boisée de La Dame de Canton, se succéderont des artistes et des sets de folie. Ouverture des portes à 19h30 et premier set à 20h00.

Youngerson (Indie Rock), No Mountains (Indie Folk) et N-A-I-V-E-S (Indie Pop) sont au line-up de Indie Seine – volume 3, et il y aura d’autres surprises…

Après le concert, on finira la soirée dans la joie et l’allégresse au son d’un DJ set électro de derrière les fagots. Aux platines: Grand Cru Paris et Duma du label Taste The Vibe. Si avec tout ça, on ne vous a pas mis l’eau à la bouche, voici un petit avant goût de ce qui vous attend le 8 juillet:

Pour info, la Dame de Canton a jeté l’ancre au pied de la Bibliothèque François Mitterand, dans le 13ème arrondissement. En raison de travaux à la station Quai de la Gare (ligne 6), on vous conseille de descendre plutôt à Bercy (lignes 6 et 14) ou Bibliothèque François Mitterand (lignes 14 et C), ou encore si vous aimez marcher au bord de l’eau (ou faire la tournée des bars), vous pouvez aussi sortir du métro à Gare d’Austerlitz (lignes 10, 5 et C) et longer le quai de Seine jusqu’à votre destination. Vous pouvez déjà participer à l’événement sur Facebook et inviter tous les amateurs de bonne musique et de soirées sur les quais que vous pourriez avoir dans vos contacts.

Rendez-vous sur www.lestroisdoigtsdelamain.com/indie-seine

La billetterie est ouverte !

On vous attend nombreux le 8 juillet !

[track review] Oupos par Judy

Judy, le trio Rémois dont on vous parlait déjà ici, ou encore , annonce un 2nd EP pour Septembre 2016. Un single extrait de cet EP est déjà paru cette semaine et présage un revirement musical inattendu. Le titre en question, “Oupos”, reste difficilement classable, même après plusieurs écoutes. Il pourrait bien être le marqueur de l’évolution du groupe vers une musique plus complexe. En effet, alors que le 1er EP du groupe “Enjoy” respirait clairement le soleil et la bonne humeur avec un son electro-pop enjoué et dansant, cette nouvelle chanson adopte un style “slow electro” très différent, plus sombre, aux rythmes hip-hop et sonorités trap.

Une atmosphère ténébreuse et éthérée entoure Oupos dès les premières secondes, et les paroles énigmatiques “Oupos, You work harder and run faster, it’s your ethos” achèvent d’enfoncer le clou. Soudain, des basses profondes se lèvent de l’obscurité et la batterie défie alors les synthés dans une production soignée, collaboration de Judy avec le producteur rémois Slowglide. L’ambiance angoissante (et captivante) qui s’en dégage n’a rien à envier aux instrus de “dark hip hop” qui ont fait le succès d’artistes comme Tyler The Creator et ses camarades du collectif Odd Future Wolfgang Kill Them All. Et puis la mélodie, comme tourmentée, revient dans un écho brumeux et planant.

 

Judy en Janvier 2016 - Indie Seine vol.2 Crédit Photo: Margaux pour L3D2LM

Judy en Janvier 2016 – Indie Seine vol.2
Crédit Photo: Margaux pour L3D2LM

 

En seulement 3:15 min, Oupos séduit, inquiète et passionne avec fracas, le tout non sans un certain panache. On peut donc vraisemblablement miser sur un 2nd EP plus expérimental, plus audacieux, plus sombre. On le saura prochainement. En attendant, le titre Oupos est de très bon augure et nous tient en haleine, avec l’envie d’écouter les autres créations de Judy. Le trio venu de Reims était à Paris en Janvier dernier à l’occasion du concert Indie Seine organisé par Les Trois Doigts de la Main. “Oupos” en live est encore plus puissant que la version studio et confirme, si on en doutait, le potentiel énorme de Judy.

 

 

Crédit photo du groupe en une: Mohé / Maxime Prangé. Plus d’infos ici: www.maximeprange.wix.com/mohe