Mistress America dans tous ses états

Quand on pense à un réalisateur à l’humour pince-sans-rire et filmant New-York et des personnages tendrement paumés avec amour, le premier nom qui vient à l’esprit est Woody Allen. Mais après avoir vu Mistress America, je pense que vous penserez aussi à Noah Baumbach.

Tracy — la magnifique Lola Kirke — débarque à New York et se sent bien seule : l’absence de rencontres exaltantes et une vie urbaine bien peu trépidante sont bien loin de ses aspirations de jeune étudiante. Jusqu’au jour où elle rencontre sa future belle-sœur Brooke Cardinas — la toujours fraiche et touchante Greta Gerwig. Séduite, Tracy se laisse emporter par le tourbillon d’énergie qu’est cette jeune femme pétillante et bouillonnante.

Un tourbillon d’énergie qui captive aussi le spectateur. Il faut dire que la réalisation de Noah Baumbach est rythmée, presque frénétique, sans temps mort, et totalement maîtrisée. Elle s’accorde parfaitement avec les répliques cinglantes qui caractérisent le scénario, et n’hésite pas à basculer vers le théâtre pour servir l’humour désenchanté de Mistress America.

C’est aussi Greta Gerwig qui fait de Mistress America un film aussi génial. L’actrice a toujours ce charisme maladroit qui m’avait tant séduite dans Frances Ha. Elle réussit à merveille à montrer toute l’absurdité de Brooke, qui se gave d’activités diverses et variées pour combler son malaise, tout en nous la rendant profondément touchante. Greta Gerwig est aussi excessivement drôle, d’une drôlerie proche des comédies burlesques de Chaplin ou des œuvres aux réparties cinglantes à la Woody Allen.

Mistress America est un film pétillant, attendrissant, qui parle encore une fois directement à notre génération et fait plaisir à vos yeux et votre cerveau par son côté décalé et dynamique.

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