Designated Survivor: #netflixandsurvive

Si vous faites une rapide recherche Google du titre de la série – Designated Survivor – dont on parle aujourd’hui, vous tomberez probablement sur la définition de Wikipédia:

Le survivant désigné (ou successeur désigné), en anglais designated survivor (ou designated successor), est un membre du cabinet présidentiel choisi par le président des États-Unis pour ne pas assister à un événement où se trouvent simultanément réunis :

Toutes ces personnes sont en effet — et dans cet ordre — les successeurs constitutionnels du président. Ainsi, en cas de catastrophe, d’attentat ou de tout autre événement provoquant la mort ou l’incapacité de gouverner de toutes les personnes précitées, le pouvoir exécutif américain ne resterait pas vacant. Le « survivant désigné » deviendrait automatiquement président des États-Unis et achèverait le mandat de son prédécesseur avec l’ensemble de ses pouvoirs. En effet, la constitution américaine ne prévoit pas le cas où aucun membre de la ligne de succession n’est en état d’assumer la présidence.

Comment créer une série dans laquelle tout cela arrive vraiment ? Que se passerait-il si le Président des Etats-Unis et tous ses successeurs désignés venaient réellement à disparaître brutalement et simultanément ? C’est tout le sujet de cette nouvelle série estampillée Netflix pour la France, qui a choisi (hasard du calendrier ou opération marketing bien pensée) de rendre disponible le pilot de la fiction ABC le jour des élections américaines. Notez que cet article contient quelques spoilers, mais comme on ne parle ici que du premier épisode, c’est pas si grave…
Alors que le Président des Etats-Unis, son cabinet et les Présidents des deux Chambres du Congrès disparaissent lors d’un attentat à la bombe durant le Discours sur l’état de l’Union, c’est le Survivant Désigné qui doit prendre la relève et assurer la continuité de la gouvernance. Thomas Kirkman, interprété avec brio par Kiefer Sutherland (24), alors Secrétaire au Logement et au Développement Urbain des Etats-Unis, devient soudainement le leader du Monde Libre, le dirigeant de la 1ère puissance économique et militaire. Il devient le Président des Etats-Unis !

Interprété par le héros de la série 24, ce Thomas Kirkman n’a rien à voir avec les autres personnages politiques que l’on a déjà pu voir dans les séries de ce genre par le passé. A mille lieux de Franck Underwood dans House of Cards, le nouveau Président des Etats-Unis est désigné malgré lui. Il n’avait aucune ambition présidentielle et se complaisait dans son rôle de Ministre du Logement. Jamais élu, peu habitué aux rouages complexes du pouvoir au plus haut niveau, cet ancien professeur d’université est ce que l’on pourrait appeler un Président normal.
C’est clairement l’un des aspects les plus plaisants et les mieux traités de ce pilote. Le commun des mortels peu se reconnaître dans ce personnage ordinaire qui se retrouve soudainement extirpé de la vie qu’il s’était choisie pour affronter des responsabilités bien plus grandes.
Dans ce rôle, Kiefer Sutherland est incroyablement efficace. L’interprète de Jack Bauer nous montre une nouvelle facette de son jeu d’acteur et prouve qu’il a plus d’une corde à son arc. Il nous entraîne avec lui dès la toute première scène du Pilot alors que le Congrès est attaqué et ce jusqu’à la dernière scène alors qu’il s’apprête à prononcer son tout premier discours officiel en tant que Président. Surtout, avec son sweat-shirt et ses lunettes, il a parfaitement la tête de l’emploi, la tête du mec qu’on a tout de suite envie d’apprécier et de soutenir. Quel plaisir en effet que d’assister à cette scène surréaliste du nouveau Président des Etats-Unis qui pénètre dans la Maison Blanche et au Centre de Commandement d’urgence en jean et sweat-shirt !

Et voilà! Un costume de président facile à porter, que l'on peut même commander en ligne!

Et voilà! Un costume de président facile à porter, que l’on peut même commander en ligne!

Mais cette série n’est pas que l’histoire d’un homme qui voit sa vie bouleversée. C’est aussi celle de toute une famille qui va devoir faire face à ce tsunami émotionnel. Dans un premier temps, cette famille, avec son couple si heureux et si amoureux, la fille parfaite et l’adolescent caïd du dimanche mais quand même complètement respectueux de ses parents, peut laisser un léger arrière-goût de cliché bien américain. On ne peut s’empêcher cependant de s’y attacher et surtout d’être curieux de savoir comment elle va pouvoir surmonter cette épreuve hors du commun. Surtout, on voit déjà venir gros comme une maison le moment où les médias vont s’emparer des conneries d’adolescent de Léo pour faire le buzz et discréditer le nouveau Président. Une intrigue complètement téléphonée mais que l’on est impatient de découvrir malgré tout.

Le survivant désigné dans ses nouveaux habits de président, entouré de quelques protagonistes.

Bien sûr, Designated Survivor ne pouvait pas se contenter de cette histoire personnelle et familiale. Afin de vraiment tenir le téléspectateur en haleine, le pilote nous laisse déjà entrevoir un scénario bien plus touffu, alimenté notamment par l’affaire policière concernant l’attentat contre le Congrès mais aussi par ce qui semble être la préparation d’un complot pour destituer celui qui vient à peine d’accéder à l’une des plus hautes fonctions sur Terre. Un peu de FBI et de haute trahison en perspective et de quoi largement donner envie de passer directement à l’épisode 2 !

#spoiler

#spoiler

En bref, ce pilote nous laisse entrevoir de très bonnes choses pour la suite. Bien plus qu’une simple série politique comme on en a déjà vu beaucoup à la télé, Designated Survivor parvient à nous plonger dans une aventure humaine hors du commun. Celle d’un homme qui se retrouve brusquement locataire de la Maison Blanche, entouré de gens prêt à l’aider, mais aussi à le trahir et le poignarder dans le dos dès que l’occasion se présentera.
Aidé par un casting 5 étoiles pour une série : Kiefer Sutherland (24), Natascha McElhone (Californication), Adan Canto (X-Men : Days of Future Past, The Following) ou encore Kal Penn (Dr House, How I Met Your Mother), on peut dire que ce Designated Survivor est pour le moins culotté dans le contexte actuel. On se rappelle qu’il avait fallu énormément de temps à Hollywood pour oser traiter des événements du 11 septembre et même proposer des images pouvant faire laisser penser de près ou de loin à la destruction d’un gratte-ciel. Ici, on ne prend pas de pincettes, on parle clairement des événements de Paris et Bruxelles, on nous montre le Congrès complètement détruit (quelle image d’ailleurs !) et on nous propose une série dans laquelle le Président des Etats-Unis et tout son entourage est tué !
Quelle claque…

 

Critic’ Wrap

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