Les Trois Doigts de la Main - L3D2LM

[Album Review] L’Animal sacré du Fakear

Fakear a sorti ce vendredi 3 juin son premier album Animal. Un album longtemps attendu, mais tenant toutes ses promesses. Le producteur normand a poursuivi son bonhomme de chemin depuis la première fois qu’on vous en parlait dans ces pages en 2013. La signature de Fakear, c’est un mélange d’électro posée, voire planante, avec des sonorités exotiques, souvent orientales. On se souvient de ses premiers EPs qui puisaient dans différents courants de “world music” mais aussi dans le blues, la pop et surtout dans la soul pour proposer un résultat très groovy (écouter Pictural EP par exemple), ou encore un peu plus récemment le très bel EP Morning in Japan qui mixait tout en élégance des musiques et chants traditionnels japonais sur fond de beat électro soigné.

Les 17 pistes que compte ce premier album vont un peu plus loin dans la même lignée. Entre plusieurs nouveaux titres, on en retrouve quelques-uns déjà sortis en single, égrainés ici et là sur internet comme La Lune Rousse, De la luz, ou même le morceau donnant son titre à l’album Animal. Le résultat est sans faille. Cet album se laisse écouter avec un plaisir enivrant. Les pistes s’enchainent les unes aux autres, comme s’il s’agissait d’une seule longue playlist soigneusement composée et mixée pour qu’on se la passe en boucle et se laisse porter dans une bulle sans imaginer d’en sortir.

 

Le Chant du Monde

Quand on écoute Fakear ou qu’on parle de lui, il y a une expression qui revient régulièrement: “une invitation au voyage”. Animal ne déroge pas à cette habitude, mais fait encore mieux que vous inviter au voyage: c’est un voyage. Le musicien Caennais joue avec les atmosphères et tout en rythme et en douceur, nous fait passer d’une ambiance tribale et tropicale (comme sur Sheer-Khan qui ouvre l’album) à un paysage calme et apaisé (comme sur My Own Sun). Fermez les yeux et vous pourriez bien passer en toute quiétude d’une savane en Afrique à une montagne au Japon, en passant par les bords d’un fleuve en Inde… Fakear a bâti un pont entre la musique et la géographie, et l’emprunter est un réel plaisir.

 

La belle âme de l’électro française

Fakear, c’est aussi la figure de proue d’une nouvelle génération de producteurs de musique électronique de talent, à la fois très créatifs, et couronnés de succès. Il vient de Caen qui est une scène connue pour sa musique indépendante créative et diversifiée (on pense à son ami Superpoze, ou aux rockeurs de Concrete Knives). Ses parents sont professeurs de musique et il a lui même fait des études de musicologie. Il a donc toute la légitimité de son succès, mais c’est surtout le travail acharné d’un musicien qui écume les concerts, festivals et lives divers depuis des années, toujours armé de son pad qui a pu aboutir à l’album qui parait aujourd’hui. Certaines chansons avec des collaborations vocales rendent Animal plus facile à apprivoiser de tous, comme notamment Silver, l’un des singles extraits de l’album avant sa sortie et qui porte la voix de la chanteuse Rae Morris.

En somme, Animal est un album particulièrement réussi et confirme tout le bien que l’on pense de son auteur.

Pour prolonger l’expérience: le voir en Live vaut vraiment le détour. Fakear jouera sur la scène du Fnac Live à Paris le 22 juillet prochain et au Zénith de Paris le 10 novembre. S’il est encore besoin d’en convaincre certains, on se dit Sayonara avec cette vidéo d’une Boiler Room Party tournée à Paris le mois dernier.

Retrouvez la playlist de tous nos articles :

Maxime

Co-fondateur du projet L3D2LM. Aspire secrètement à conquérir le monde.
Se passionne de musique en attendant de trouver le meilleur moyen pour y arriver.
Vous souhaite une bonne journée.

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