I Am Stramgram – Jurassic Poney [ITW / EP Review]

I Am Stramgram est sans doute l’une des découvertes les plus intéressantes de 2016 sur la scène française, et il est plus que temps qu’on en parle un peu plus sérieusement. Au centre de ce projet, on trouve le bordelais Vincent Jouffroy qui joue également dans d’autres groupes (My Ant entre autres), et on trouve aussi une quantité d’influences et de références musicales. On a pu rencontrer I Am Stramgram cet été à l’occasion du festival Fnaclive et discuter de ce projet musical qui démarre si bien. Une rencontre originale.

I Am Stramgram - Seul groupe de musique avec un dinosaure dans le band depuis Denver.

I Am Stramgram – Seul groupe de musique avec un dinosaure dans le band depuis Denver.

L’EP que l’on a aujourd’hui dans les oreilles, Jurassic Poney, est à la fois un début et une fin. Un début car son succès marque le décollage réussi du projet de Vincent Jouffroy après un premier EP “Let’s not run the race” paru en 2012 et resté plus discrètement dans les cercles d’initiés. Une fin, car Jurassic Poney vient conclure le cycle du Patchworkitsch Tryptique en en reprenant les titres sur un même support.

Le Patchworkitsch Triptyque, c’est une œuvre multimédia en 3 parties. A chaque partie du tryptique correspond sa chanson, son graphisme, sa page web, sa vidéo, comme une seule et même œuvre multi-facettes que l’on accepte comme un tout, ou que l’on préfère aborder par tel ou tel autre aspect. Sur le site du groupe, ce projet créatif est défini comme “une entité autonome où propositions esthétiques et vidéos viennent compléter la musique”. Vous pouvez explorer ce triptyque vous-même en cliquant ici.

IAS en interview - Fnac Live 2016 - Paris

IAS en interview avec L3D2LM – Fnac Live 2016 – Paris

A l’écoute des titres ci-dessus, IAS dévoile rapidement ce qui fait sa force: une musique versatile qui passe d’un style folk apaisé à un son rock un peu garage, un peu sale, et qui résulte souvent dans une ambiance contrastée de pop/rock mélancolique. D’après l’artiste, on pourrait même parler de musique “lunatique” car marquée par ses revirements d’humeur. Certains titres évoquent The Shins ou Sufjan Stevens par leurs mélodies, leurs chœurs et leurs arrangements riches (Set a thought, Camilla), d’autres feront plutôt penser à Pearl Jam ou les Pixies avec des grosses guitares qui transpirent la disto et dépoussièrent les oreilles (Eaten alive). Le tout sonne souvent comme une bande originale de comédie dramatique à la Zach Braff.

 

Enfin, concluons en admettant que l’homme derrière IAS est donc un incurable touche-à-tout. C’est assez clair. Pour cause: il a en réalité démarré sa carrière par des études de vidéo, et a su ensuite relier avec sens son expérience de la vidéo et ses projets musicaux (d’où les clips à la cinématographie réussie pour chaque titre d’IAS). Accompagné sur scène de son acolyte percussionniste “Vélocibatteur”, I Am Stramgram assure aussi des lives de qualité comme au Fnac Live ci-dessous par exemple. Ce n’est pas un hasard si ce projet a été Lauréat du Prix Ricard S.A Live Music 2016. Les meilleurs titres d’IAS sont à retrouver sur Spotify, dans les playlists de L3D2LM!

[Album Review] It’s over – The Fuzzy Crystals

Il n’y a pas très longtemps du tout (le 5 février, c’est donc aujourd’hui en fait), mais dans une contrée assez lointaine (la Californie), un album est né. The Fuzzy Crystals, heureux parents d’un disque plein de promesses, ont eu la gentillesse ne nous laisser écouter It’s over avant sa sortie officielle. C’est donc après de nombreuses et attentives écoutes que ce modeste article voit le jour à son tour.

Sans tourner autour du pot, le groupe qui nous intéresse aujourd’hui mérite largement que l’on s’y attarde, pour plusieurs raisons. Essentiellement : c’est un groupe « à l’ancienne » qui produit une musique folk/rock pleine d’âme. Et ce premier album accroche instantanément l’auditeur. C’est d’autant plus agréable que rare de se sentir « rentrer » dans une chanson, dans un album, dès la première écoute, sans que l’on connaisse l’artiste responsable de ce petit bonheur inattendu. Et ensuite, chaque écoute confirme la précédente.

The Fuzzy Crystals, en chair et en os.

The Fuzzy Crystals, en chair et en os.

« We’re gonna get wasted »

Formé à Los Angeles, le groupe rassemble des membres (et inévitablement des influences) des 4 coins des États-Unis : le Mississipi, le Massachussetts, le Wyoming, et bien sûr la Californie. Se définissant comme un collectif de poètes, de rêveurs et de visionnaires convaincus des pouvoirs magiques des chats et des bienfaits des « midnight desert parties », The Fuzzy Crystals propose une musique largement inspirée des belles années du folk rock psychédélique (le groupe cite par exemple Buffalo Springfield, ou Jefferson Airplane comme influences majeures – entre autres évidemment) et qui n’en reste pas moins originale. A l’instar des jeunes californiens (eux-aussi ?!) de Foxygen, Les 7 musiciens de The Fuzzy Crystals parviennent à évoquer une époque, reprendre certains de ses codes, mais ne verse pas pour autant dans le « tribute band » ou la nostalgie outrancière. Dès la toute première note de l’album, « It’s Over » ne manque de rappeler à notre souvenir divers grands noms des décennies 60-70 (The Byrds, Donovan, Neil Young, The Animals – également cités par le groupe qui a décidément bon goût), et pourtant, il y a toujours d’imperceptibles signes qu’il s’agit bien de chansons de notre siècle et pas du précédent. Par exemple dans la production impeccable, soignée et mitonnée aux petits oignons pour notre plus grand plaisir. Si on a bien compris qu’il s’agit du genre de groupe que l’on peut croiser à la plage ou dans le désert à jouer de la guitare et du tambourin pieds nus autour du feu, barbes et cheveux longs au vent, l’album est bel et bien réalisé d’une main/oreille de maître, et cela tout en respectant les conditions (les traditions ?) de la vieille école : équipement analogique, changement du lieu d’enregistrement selon la réverbération recherchée (même en extérieur), aucune retouche des voix, etc. Le résultat : 8 pistes réussies, originales, des musiques entrainantes, au son plutôt chaleureux et des textes bien pensés.

The Fuzzy Crystals, c’est aussi des harmonies millimétrées, calées juste comme il faut , alors même qu’elles semblent spontanées, complètement naturelles. L’effet est immédiat, on goûte à grandes louches du breuvage psychédélique et on en redemande. Un album ensoleillé et immersif dont le but avoué est de vous plonger en douceur dans la chaleur et la sensuelle folie d’un été californien. Disponible à l’écoute sur Soundcloud et à l’achat sur la page Bandcamp du groupe à compter d’aujourd’hui.

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Merci à Chris pour son aide dans la réalisation de cet article.

[Playlist] Folk music can save your soul

Folk Music can save your soul, ou en français dans le texte: la musique folk peut sauver votre âme. Si le titre de cette playlist spotify peut paraître étonnant de prime abord, il tombe sous le sens une fois écouté son contenu. Pas de prosélytisme ou de propagande, juste de la musique et des mots. Bien choisis.

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