Les Trois Doigts de la Main - L3D2LM

There’s the Good, the Ugly… And the Bada$$

Progressive Era est un collectif regroupant une douzaine de membres tournant tous autour du hip hop. On y trouve pêle-mêle MCs, DJs, producteurs, photographes qui se côtoient dans une relative cohérence. Surtout, la moyenne d’âge si situe autour de 17 ans et  Brooklyn est leur lieu de résidence. On s’intéresse ici au rap avec leur tête de cuvée, Joey Bada$$ qui emmène dans son sillage ses comparses CJ Fly, Capital Steez ou Chuck Strangers.

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Son premier essai, la mixtape 1999, pourrait être le remarquable début d’un jeune rappeur en devenir, présumer du meilleur et venir titiller les amateurs en manque de rap East Coast des années 1990. Manque de bol, son album est “juste” bon. Bon comme le marqueur d’une génération qui a passé -et mal digéré- l’illusion d’un monde meilleur avec les années 2000. Bon comme un rappel que les quartiers restent les quartiers, avec ou sans police, avec ou sans internet et le pseudo accès à la culture pour tous. D’une certaine manière, on est passé d’une revendication pour des meilleures conditions dans les ghetto à la description des promesses forcément déçues de nos aînés.

 

 

Il faut dire que 1999 se tape tout de même des prods de MF Doom ou DJ Premier. Ah bon. C’est dire la confiance et les attentes placées dans ce bonhomme de 18 ans passé par une école d’art qui commença le rap à 15 ans après le théâtre. Il reste certes à Joey Bada$$ de peaufiner sa voix, lui donner plus d’ampleur afin de vraiment marquer les esprits. Enfin on chipote.

 

http://www.youtube.com/watch?v=V4xYGFc9Yw4

 

On retrouve dans son rap une énergie, une force, qui reflète presque sa foi dans la puissance du hip hop comme catalyseur social, défouloir occasionnel et maintenant transgénérationnel. Une confiance que l’on avait presque oublié depuis, allez, les albums de Mos Def. Aisance dans les sujets abordés, qui vont de la vie dans les quartiers, la weed -évidemment-, les ennuis avec la police, les bons moments… Et les mauvais. “But sometimes, I just wanna light my spliff, but I can’t live my life like this” scande-t-il sur Hardknock. Vivre avec ses démons, nouveau crédo des rappeurs d’aujourd’hui ?

 

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