Les Trois Doigts de la Main - L3D2LM

Un grand bol de Foxygen

 

Autoproclamés “ambassadeurs de la paix et de la magie au 21ème siècle”, les quatre garçons de Foxygen nous assènent sans vergogne un grand coup de convecteur temporel en plein tête avec leur dernier album et nous voilà plongés, ou replongés pour les plus âgés de nos lecteurs, au cœur de l’été 1967. Summer Of Love oblige, tout le monde a les cheveux longs, une chemise en lin négligemment ouverte jusqu’au nombril, ou bien fermée jusqu’au nombril, ça dépend d’où on se positionne, mais ça revient au même, tambourin dans une main et substances illicites dans l’autre. Ça y est, le décor est planté, vous pouvez boucler vos ceintures, amis lecteurs : décollage immédiat pour la Californie. Dernière mise en garde : cet article vous incitera ouvertement à suivre le lapin blanc et à faire l’amour, pas la guerre.

 

 

Fondé en 2005 à Los Angeles, notre groupe du jour n’est pas vraiment nouveau puisque son premier album date de 2007, ni underground non plus avec ses millions de vues sur Youtube, alors pourquoi vous en parler dans ce cas ? Et bien à part le fait que j’en ai envie, et que la vidéo de San Francisco ci-dessus soit géniale grâce à sa réalisation toute “WesAndersonienne”, il y a aussi le fait que Les Trois Doigts de la Main se soient assignés comme mission de vous proposer de découvrir de la musique. Il se trouve justement que Foxygen créée et interprète de la très, très, bonne musique et semble encore souffrir d’un manque de notoriété de notre coté de l’atlantique. CQFD*

 

 

Up in San Francisco

 

Ils sont effectivement assez doués ces quatre jeunes, il faut le reconnaître. Sans quoi ils n’auraient pas attiré l’attention et la bienveillance de Richard Swift, influent artiste multi-support qui ayant produit, enregistré ou même joué sur scène avec des groupes comme The Shins, Guster ou encore The Black Keys, s’est fait une réputation de gourou du son Indie Folk / Indie Rock. Un coach pareil, ça donne forcément un sacré coup de pouce. Mais revenons plutôt à nos moutons psychédéliques. Des titres comme San Francisco ou encore No Destruction (ci-dessus) illustrent particulièrement bien le talent de Foxygen. Le groupe nous jette fièrement et sans concession des seaux de sons sixties dans les oreilles, excitant continuellement notre envie d’en écouter plus, un peu comme (attention, comparaison incompréhensible) un pompier pyromane jetterait de l’essence sur un brasier avec une lance à incendie reliée à un camion citerne au grand jour, devant témoin et avec le sourire. Guitares et orgues à gogo donc, mais aussi des mélanges improbables d’instruments tout droit sortis d’une séance de méditation transcendantale de Georges Harrison. L’ambiance psychédélique y est complètement. Les textes portent l’empreinte de différents auteurs ayant marqué la décennie 1960 (Aldous Huxley et ses fameuses Portes de la Perception, Jack Kerouac qui n’en finit pas de traîner Sur La Route, et puis Lewis Carrol qui même s’il vient d’un autre siècle, s’adresse à nous de l’Autre Coté du Miroir) et sont chantés avec une voix qui varie dans son intonation jusqu’à évoquer de Lou Reed à Mick Jagger en passant par Jim Morrison ou Adam Green. Que de compliments, tout de même… Mais n’est ce pas naturel de s’enthousiasmer lorsque d’aussi jeunes musiciens produisent une musique aussi réussie ? Même si on ne passe pas forcément très loin, l’écueil du « tribute band » ou du « revival » est évité. Il y a l’ambiance années 60 oui, mais aussi un bonne dose de créativité et de travail dans cette recherche du néo-psychédélisme, déjà touché du doigt par d’autres groupes comme Tame Impala ou Temples.

 

 

The doors of consciousness are not open anymore

 

Si Foxygen compte officiellement 4 membres, il s’est construit autour du duo Sam France et Jonathan Rado. Les deux complices avaient fixé dès leurs débuts la barre assez haute en prenant pour exemple plusieurs grands noms du rock et de la pop (The Kinks, The Beach Boys, etc) dont l’influence se ressent d’ailleurs fortement dans la musique du troisième album : We are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic. Impossible de ne pas reconnaître l’influence des Rolling Stones sur On Blue Mountain par exemple, dont la mélodie rappelle celle de Under My Thumb tandis que la voix de France s’y fait l’écho de celle d’un Mick Jagger jeune. Impossible non plus de ne pas croire à l’influence forte des Doors dans la chanson donnant son titre à l’album. Petit ovni tout à la fois pop, rock, psychédélique et délicieusement anachronique ce troisième album de Foxygen est tout ce que le groupe consent à nous jeter en pâture pour le moment car il n’y a pas de date de prévue en Europe à ce jour… Dommage car les concerts du quatuor Californien semblent très prometteurs si l’on se fie à leur performance du festival de Coachella 2014. Ceci étant dit, il faudrait aussi penser à se modérer un minimum, parce que de Jim Morrison à Jim Carrey, il peut n’y avoir qu’un pas. Anecdote lue sur le net : Sam France serait carrément tombé de scène lors d’un concert en 2013, à force de « gesticulations », pour ne pas dire de « convulsions chamaniques », et se serait ainsi cassé une jambe… pendant la première chanson du concert. C’est ça le rock?

 

Disponible sur iTunes, Amazon ou dans nos playlists Spotify.
L’album préféré des cyclopes

 

 

*CQFD : Comme Quoi Fallait Demander

 

Maxime

Co-fondateur du projet L3D2LM. Aspire secrètement à conquérir le monde.
Se passionne de musique en attendant de trouver le meilleur moyen pour y arriver.
Vous souhaite une bonne journée.

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