[Live Report] Mat Bastard au MaMA Festival 2017

Mat Bastard, frontman du groupe français Skip The Use a sorti cet été son premier album solo, suite à la séparation de son band en 2016. Malgré le succès énorme de son ancienne formation dans les années 2010 qui donnait enfin un nom, un visage et de la consistance à une scène pop rock française jusque là un peu molle, ce nouveau projet est resté assez discret depuis sa sortie. Et pourtant, le franco-belge n’a rien perdu de son énergie plus que débordante, comme il l’a montré à la Cigale le vendredi 20 octobre dans le cadre du MaMA Festival 2017.

Pour parler de son concert, il faut d’abord de son album, LOOV, paru en Juin 2017. Efficace, en 14 titres, il s’inscrit plutôt dans la continuité de ce qui faisait la force de Skip The Use, comme si le changement de nom (et donc le passage d’une notoriété internationale à un nom relativement inconnu) était la seule rupture. Peut-être est-ce, en partie, la raison du succès étonnamment modéré de cet album, pourtant assez réussi dans son style. Le style, parlons-en justement. Mat Bastard, c’est surtout un rock indé nerveux et rapide, mélangé avec des sons de synthés qui apportent une touche électro-pop pour un résultat un peu plus lisse, un peu plus propre et au final très dansant, le tout porté par une voix unique et reconnaissable parmi cent. Comme Skip The Use donc, mais pas tout à fait. Quelques titres viennent tout de même perturber cet aspect lisse et montrent une volonté d’exploration de l’artiste. Que ce soit avec une pop ensoleillée (Grave of Broken Dreams), un rock agressif entre punk et metal (Vivre mieux) ou des riffs dignes des groupes de skate punk californiens (Stay Close To Me), Matt Bastard égrène quand même de jolies petites surprises, et en profite même pour insérer plusieurs textes en français. Si l’intention est louable, le résultat peut paraitre un peu inégal – encore que chacun appréciera selon son goût – dans la mesure où certaines de ces “surprises” semblent être des clins d’œil appuyés à d’autres groupes comme Offspring, Nirvana, System Of A Down, Trust. Du coup, on a parfois le sentiment d’un “Tribute” mais bon…

Mat Bastard en bref, c’est un album réussi avec quelques très bons titres, quelques originalités un peu surprenantes, mais ne déchainant pas les passions comme au temps de Skip The Use. L’expérience Live est là pour corriger ce point. Complètement survoltés du premier titre jusqu’au dernier, Mat Bastard et ses comparses sur scène assènent un concert ultra-dynamique. Généreux en interactions avec le public, pendant les chansons ou entre deux titres, il descend allègrement dans la fosse à plusieurs reprises pour se balader, chanter, danser, saluer des connaissances ou juste surprendre des inconnus. Ambiance assurée.

“Alors c’est l’histoire d’un mec…”

On trouve aussi chez Mat Bastard une approche un peu plus “sociale” de la musique par rapport à Skip the Use. L’artiste délivre plusieurs messages plus ou moins engagés dans ses chansons autour de thèmes comme le féminisme, la violence policière, la liberté, le droit et la capacité de chacun à poursuivre et réaliser son rêve. Ça ne saute pas toujours aux yeux car la plupart des chansons restent dans une veine pop rock éprouvée et validée dans laquelle trop de texte ou de réflexion n’ont pas leur place, mais Mat (ou Mathieu de son vrai nom) n’hésite pas à prendre le temps de présenter ses chansons, d’expliquer le pourquoi de chacune, toujours avec humour pour ne pas plomber l’ambiance avec un cours magistral.

Actuellement en promotion du film d’animation Zombillénium dont il a co-écrit la bande originale, Mat Bastard a assuré un show de maître à la Cigale et en a profité pour se lâcher complètement, étant ce soir là hors du cadre de la promotion du film. Si l’album LOOV vous avait bien plu, sans vous convaincre complètement, allez voir ce que ça donne en concert, vous en aurez pour votre argent. En fin de concert, on a même eu droit à un hommage à Louise Attaque, comme pour achever de convaincre que Mat Bastard est appelé à devenir une figure incontournable du rock français. Ce moment n’a pas été capté, mais la vidéo ci-dessous, filmée à la Maroquinerie de Paris en Mai dernier donne un fidèle aperçu de ce que c’était. Crédit vidéo: Florent Gilloury

 

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